Julie Roux, Inévitablement (après l'école), La Fabrique, 2007
On dira : tout ce qui a été dit dans le présent livre ne laisse guère de place pour autre chose que le « tout ou rien », dont on soupçonne, parfois à juste titre, qu’il est là pour légitimer l’incapacité à agir. Mais cette objection ne fait que révéler qu’elle est elle-même ce qu’elle prétend dénoncer : la légitimation d’une incapacité à agir, indissociable d’une paresse de pensée.
Mais en l’occurrence, elle est surtout fausse : loin de rendre impossible qu’il y ait des « mouvements » et des « luttes », il s’agissait plutôt ici de rappeler, concernant le monde de l’école – collégiens, lycéens, étudiants et enseignants confondus – ce que doit être l’exigence minimale d’une lutte réelle, ou mieux, d’un conflit. Ce que nous avons indiqué comme le premier aspect de l’écheveau inextricable qui permet de décrire l’impasse de l’école, c’est-à-dire l’inversion du rapport entre l’évaluation et la transmission, peut fournir la matière de cette exigence.