Rancière et l'émancipation - 5 mai 2011, Laboratoire ACAE ENS-Lyon

Vous trouverez en fichier joint un premier texte et la bibliographie proposée pour la journée du laboratoire ACAE consacrée à Rancière et l'émancipation ce 5 mai 2011 à l'ENS de Lyon.
(Autres textes suivent...).

A la suite de la première journée « Aliénation » du laboratoire Junior ACAE, la séance du 5 mai sera l'occasion de revenir sur le concept d'émancipation et ses effets critiques dans le champ des luttes politiques.

Concept central du socialisme utopique et du mouvement ouvrier en France dans la première moitié du 19e siècle, l'émancipation retrouve une actualité dans les réflexions théoriques et les enjeux pratiques du présent. Il a pu constituer, depuis les années 70, pour un auteur comme Jacques Rancière (au centre de cette actualisation du concept d'émancipation) mais aussi pour les mouvements de décolonisation et les luttes féministes, le point de départ d'une dissonance avec un certain cadre marxiste de la pensée politique, orientée principalement par la problématique du travail. On peut noter, que là ou l'actualisation du concept d'aliénation passe par une ré-évaluation de la centralité du travail dans les luttes, la notion d'émancipation a pu constituer le lieu polémique de la contestation d'une telle centralité (c'est une référence du mouvement des intermittents de la Coordination des Intermittents et Précaires par exemple).

De plus, le concept d'émancipation possède une opérativité spécifique dans les luttes, permettant de rendre visible la manière dont les mouvements sociaux portent en eux, toujours entremêlé au jeu des revendications grandes ou petites, le ré-agencement, ici et maintenant, de nouveaux rapports entre les individus. Être attentif aux scènes multiples de l'émancipation conduit ainsi à repenser les rapports entre ce qui est politique et ce qui ne l'est pas, tout autant qu'à maintenir l'exigence de formes de luttes anticipant sur les formes de vie qu'elles poursuivent.

Autour de ces deux axes donc, 1) l'émancipation comme opérateur de subjectivation politique qui détourne toute identification de son « propre » (le travail pour le mouvement ouvrier, par exemple) et qui renvoie toujours à ce que Rancière appelle « la cause de l'autre » ; 2) l'émancipation comme opérateur critique, permettant d'effectuer des diagnostics au sein des luttes, et d'y être attentif tant aux formes de reproduction des partages établis de l'inégalité, qu'aux re-configurations égalitaires de notre être en commun.

On tentera donc d'aborder deux types de textes : 1) des textes théoriques et parfois techniques dans lesquels Rancière développe les concepts centraux de sa « philosophie de l'émancipation » : subjectivation, identification, police, politique, égalité, etc. ; 2) des textes d'interventions en conjoncture, dans lesquels Rancière propose une lecture des événements pour en restituer la singularité politique.

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La cause de l'autre 1.pdf2.7 Mo
La cause de l'autre - 2.pdf1.2 Mo
La cause de l'autre - 3.pdf1.99 Mo
La cause de l'autre - 4.pdf927.32 Ko
Grève 1986 - 1.pdf1.04 Mo
Grève 1986 - 2.pdf1.2 Mo